DN4 : dix questions pour diagnostiquer rapidement les douleurs neuropathiques PARIS, 3 mai (APM Santé)

Le 1er août 2005, par Louis LEVY,

Un nouvel outil simple va être mis à la disposition des médecins généralistes et des neurologues pour leur permettre d’identifier facilement, rapidement et de façon fiable les douleurs neuropathiques, a-t-on appris au cours d’une conférence de presse organisée en marge des Journées de neurologie de langue française, qui se sont tenues la semaine dernière à Marseille.

Baptisé DN4, cet outil correspond àun questionnaire comportant dix items (sept d’entre eux relèvent de l’interrogatoire du patient et trois sont établis par l’examen clinique).

La prise en charge des douleurs neuropathiques reste souvent problématique, car elles "passent souvent inaperçues" ou "ne sont pas reconnues comme telles", a déploré le Dr Alain Serrie, président de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD). De plus, elles ne sont souvent que "tardivement reconnues par les non-spécialistes et très insuffisamment traitées", a confirmé le Dr Didier Bouhassira, de la consultation pluridisciplinaire de prise en charge de la douleur de l’hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Pourtant, les douleurs neuropathiques, figurent "parmi les douleurs les plus fréquentes que le médecin a àprendre en compte" et affectent environ 2% de la population, a souligné le Dr Alain Serrie.

A l’origine de ces douleurs découlant d’une lésion ou d’un dysfonctionnement du système nerveux, on peut notamment trouver des pathologies comme le diabète, le zona, le sida, ont rappelé les deux spécialistes. Elles peuvent également se manifester après une amputation ou au niveau des cicatrices d’une intervention chirurgicale. Il s’agit alors de douleurs neuropathiques périphériques, par opposition aux douleurs neuropathiques centrales, qui peuvent apparaître chez les personnes ayant été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou chez les patients souffrant d’une sclérose en plaques, par exemple.

Enfin, certaines douleur se développant au cours de l’évolution d’un cancer ou découlant d’une affection rhumatologique entraînant la compression d’un nerf (arthrose, hernie discale), correspondent àdes douleurs mixtes associant une composante neuropathique àune composante inflammatoire associée àune douleur par excès de nociception.

DES MOTS POUR DES MAUX

Malgré ces causes très différentes, les plaintes des patients font état de deux types de symptômes et de sensations douloureuses : un fond douloureux permanent (troubles sensitifs de type fourmillements, picotements, engourdissements) et des douleurs fulgurantes paroxystiques (décharges électriques ou en coup de poignard). Le questionnaire DN4 "repose [donc] pour l’essentiel, sur l’analyse des mots employés par les patients pour décrire leurs douleurs", ce qui en fait un instrument d’une "extrême simplicité" d’utilisation, a relevé le Dr Didier Bouhassira.

  • Question 1 : La douleur présente-t-elle une des caractéristiques suivantes ?
    • 1. brà»lure
    • 2. sensation de froid douloureux
    • 3. décharge électrique
  • Question 2 : La douleur est-elle associée dans la même région àun ou plusieurs des symptômes suivants ?
    • 4. fourmillements
    • 5. picotements
    • 6. engourdissement
    • 7. démangeaisons
  • Question 3 : La douleur est-elle localisée dans un territoire ou l’examen met en évidence un des signes suivants ?
    • 8. hypoesthésie au tact
    • 9. hypoesthésie àla piqà»re
  • Question 4 : La douleur est-elle provoquée ou augmentée par :
    • 10. le frottement.

Les procédures de validation de cet outil (d’abord lors d’une étude multicentrique, puis en médecine générale) ont établi qu’un score supérieur ou égal àquatre réponses positives permet de diagnostiquer une douleur neuropathique avec une sensibilité de 83% et une spécificité de 90%.

Les deux spécialistes de la douleur se sont accordés àdire que la mise àdisposition de cet outil devrait, en facilitant la reconnaissance des douleurs neuropathiques, améliorer la qualité de leur prise en charge. Une condition d’autant plus importante que tout retard dans la prise en charge de ces troubles augmente le risque de chronicisation.

Une fois diagnostiquées, ces douleurs "nécessitent une prise en charge spécifique reposant principalement sur l’utilisation d’antiépileptiques et d’antidépresseurs", a rappelé le Dr Didier Bouhassira. En effet, naissant de problèmes de conduction nerveuse causés par des lésions ou des dysfonctionnements du système nerveux, elles résistent généralement aux antalgiques "classiques".

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
14 février 2006
Statistiques de l'article :
7 visiteurs aujourd'hui
9260 visiteurs cumulés

Google

La citation du jour

Visiteurs ! Où êtes-vous ?

Map IP Address
Powered byIP2Location.com

Identifiez-vous

Certaines rubriques du site ne sont accessibles qu'aux visiteurs identifiés


mot de passe oublié ?

SPIP 1.9.2c [10268] | BliP 2.4 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 799 (1366224)